Ultramarathon vs Vitesse

Depuis le mois de janvier, j’ai parcouru plus de 2500 km et monté plus de 70000 mètres verticalement dans différents sentiers du Québec. Évidemment que la vitesse n’est pas le focus de mon entraînement, le temps total à courir est plus important. En général, le pace tourne autour de 6 minutes au kilomètres dans les sentiers, mais cela ne m’importe peu, je cours au gré des difficultés techniques et du dénivelé. Je n’hésite pas non plus à m’arrêter quelques instants afin de profiter des paysages qui s’offrent à moi.

La beauté des paysages en montagne...

La beauté des paysages en montagne…

Mais voilà que ce matin, je regardais des statistiques de mes entraînements des dernières années, remontant même jusqu’en 2011, année où j’ai fait une de mes meilleures performances en course à pied. J’étais parvenu à boucler le 10km en 35m04s, soit une moyenne de 3m30s/km. En 2013, je réussissais mon meilleur temps sur demi marathon, en 1h19m59s, soit 3m46s/km en moyenne, performance que je considère équivalente à mon temps sur 10km.

Lors de ma meilleure performance sur 10km, Baie-St-Paul 2011

Lors de ma meilleure performance sur 10km, Baie-St-Paul 2011

Mon programme d’entraînement était certainement plus axé sur la vitesse pour réussir à améliorer mes temps d’année en année. Intervalles courts, intervalles longs, courses tempo… Maintenant, les côtes dictent l’intensité de mes entraînements. Le travail est plus musculaire et j’ai certainement gagné en puissance. J’ai habitué mon corps aux longues distances, il est devenu endurant, je peux courir longtemps, mais est-ce que je suis encore capable de courir vite?

Pour répondre à la question, je dois arrêter de regarder mes statistiques des années précédentes et aller courir!

Je garderai la montagne pour demain et j’irai tester mes jambes. J’enfile mes souliers de course pour la route (que je boude depuis quelque temps!) et je vais courir sur le bitume!

Le plan est simple, courir 2 x 5km, sans me mettre dans le rouge, tempo. Comme ça, je pourrai voir ce qu’il me reste de vitesse dans les pattes, sans m’hypothéquer pour le reste de la semaine.

Tout de suite, je me sens à l’aise et j’adore retrouver cette sensation de vitesse. Les jambes tournent bien et ma foulée est dynamique. Je progresse rapidement sur la route et les kilomètres défilent un après l’autre, sans que je ne me sente à bloc… c’est facile! Le premier 5km est terminé, 3m55s/km en moyenne. Ça fais longtemps que je n’ai pas flirté avec des paces semblables…reste à voir ce qui me reste dans les jambes pour le deuxième 5km… Après 3km de récupération, c’est parti pour un autre 5km tempo. Encore une fois, je suis surpris de la facilité avec laquelle je peux courir sous la barre du 4 minutes au kilomètre, je n’ai pas perdu tant que ça en vitesse…mes jambes se souviennent comment courir vite! Un deuxième 5km satisfaisant, au même rythme que le premier…

Je peux donc retourner aux plaisirs des sentiers sans crainte!

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Marcher avant de courir…100 milles!

Lorsque j’ai décidé, il y a environ 1 an, que je mettais de côté le triathlon pour me consacrer seulement à la course à pied, je savais que je devrais y aller une étape à la fois vers ma quête de l’ultramarathon. Tout comme je l’ai fait pour la distance Ironman en triathlon, je ne pourrai certainement pas courir un 100 milles à ma première saison! Je devrai apprendre progressivement en passant par les autres distances…

La distance d’entrée pour l’ultramarathon est de 50km. Depuis juin dernier, j’ai parcouru la distance à 3 reprises. Je me sens prêt pour la prochaine étape, courir 80 kilomètres. Je me suis donc inscrit au 80km du Bromont Ultra, qui se tiendra le 12 octobre prochain.

Afin d’optimiser ma préparation, je suis allé faire une reconnaissance du parcours samedi dernier. La différence majeure entre un entraînement de ce genre et une course organisée est le soutien tout au long du parcours. En effet, aucune station de ravitaillement pour faire le plein en nutrition et hydratation. Je devais tout traîner sur moi pour la totalité de la distance. C’est donc avec mon sac Ultimate Direction rempli que j’ai débuté la journée. J’ai pris d’assaut les sentiers du mont Brome vers 7h30 avec comme objectif de courir 50km / 1500m D+. Dès les premières minutes, je sens dans mes jambes que la journée sera longue… Peut-être que les 3 dernières semaines à courir plus de 100km/sem en montagne sont en train de me rattraper… Mais voilà qu’après une heure à courir, les bonnes sensations reviennent… signe qu’il ne faut jamais se décourager… ( il me semble que ce n’est pas la première fois…) Le corps s’adapte à la progression que je lui impose et il faut lui laisser le temps de se réchauffer!

Normalement, j’ai l’habitude de faire ce genre d’entraînement en solo, mais aujourd’hui, j’aurai 2 coureurs qui m’accompagneront sur les 30 derniers kilomètres. Merci à David et Stéphane d’avoir rendu cette journée moins difficile, ça fait toujours du bien de savoir qu’on est pas seul à souffrir!

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Mes partenaires pour la journée

Les sentiers sont superbes et me permettent de courir à un bon rythme. Quelques sections techniques et d’autres plus roulantes pour reprendre de la vitesse. Des montées progressives et d’autres plus abruptes, sentiers larges et singletrack s’enchaînent à tour de rôle. Franchement, les sentiers de Bromont offrent un équilibre parfait! Les kilomètres défilent et je ne vois pas le temps passer. En fait, je n’ai eu aucune difficulté particulière pendant l’entraînement. Je me sens fort.

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On vérifie les cartes du parcours… (Photo David Moore)

Je constate que l’hydratation et la nutrition font partie intégrante de la stratégie de course d’un ultramarathon. Je commence à connaître mes besoins nutritionnels et je me suis assuré d’être constant; du liquide aux 15 minutes et du solide aux 45 minutes. Les barres Fruit2 font vraiment l’affaire pour moi.

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La vue panoramique… Récompense après l’ascension!

 

Voici le lien Strava pour voir cet entraînement. Au total, 5h20 de course pour 51.6km et près de 1800m de D+. J’en apprends davantage à chaque fois et je suis très satisfait de cet entraînement!

Depuis le début de la saison, j’accumule les kilomètres et l’expérience. Chaque longue sortie devient de moins en moins difficile. Je constate que plus la distance augmente, plus il faut être minutieux dans la stratégie de course. Plus la distance est longue, plus les erreurs sont coûteuses. Les 3 points majeurs sont le pacing, la nutrition et l’hydratation. Partir au bon rythme est le point sur lequel je devrai travailler pour être efficace en situation de course…

Encore de bons entraînements à venir dans ma préparation pour BromontUltra!

Retour en arrière, la suite…

Dans mon dernier article, je disais qu’après mon abandon au Estrie50, j’étais prêt à faire face à de nouveaux défis. La prochaine course au calendrier était le Québec Mega Trail, une course de 25km/1000m D+ au Mont-Ste-Anne. Je n’ai fait aucune préparation spécifique pour cette course, il s’agissait plutôt d’un bon entraînement intense dans de nouveaux sentiers. Le défi auquel je me préparais était pour la semaine suivante…

Comme aucun ultramarathon ne cadrait dans mon horaire pour juillet, j’ai décidé de m’en organiser un moi-même… Orford serait mon terrain de jeux. Après avoir minutieusement étudié la carte des sentiers du parc national du Mont Orford, je me suis organisé un parcours d’environ 50km/2000m D+, faisant le tour du parc en entier. Un itinéraire à la fois diversifié et exigeant! Je prévois parcourir la distance en solitaire et en autonomie complète.

Vers 8h00, je prends le départ de ma « course », direction du secteur Stukeley. Les premiers kilomètres sont relativement plats et peu techniques… Je prends le temps de savourer chacun des kilomètres en me souvenant l’objectif de cette journée: Avoir du plaisir à courir longtemps! Après environ 10km, mon itinéraire me mène dans un sentier équestre pour les 8 prochains km… Je me rends rapidement compte que ce sentier n’existe que sur la carte! Je me retrouve alors dans une forêt assez dense où je n’ai comme seul repère de minuscules panneaux avec un cheval aux 20-25 mètres… Douloureux souvenir du Estrie50, mais je progresse quand même au travers de tous ces arbres, foin, bouette et racines… Après une trentaine de minutes dans cette section, je regarde sur ma montre Suunto et je constate que je n’ai parcouru que 3,5km sur les 8 qui me séparent du prochain sentier… Par contre, rendu où j’en suis, rien ne vaut rebrousser chemin, je suis mieux de progresser et de surmonter cet obstacle… Car dans un Ultra, il y en aura de toute façon! Quelques dizaines de minutes plus tard, je retrouve un sentier et la route 220 qui me mènera vers la prochaine section.

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Premier point de vue, km 25

À partir de maintenant, le dénivelé sera de la partie, mais je sais aussi que les points de vue en vaudront la peine. Avec environ 24km dans les jambes, j’entame l’ascension du mont Chauve, par les sentiers de l’Estrie. Il s’agit d’une montée d’environ 5km qui me mènera au sommet de cette montagne. De très beaux sentiers, juste assez technique qui me permettent de garder un bon rythme. Je me sens bien, vivant, libre, reconnaissant de pouvoir profiter de ces moments particuliers en courant. La blessure n’a pas refait surface et je sais maintenant que tout est possible pour le reste de la saison.

 

Quand je cours, j’adore les moments d’euphorie qui apparaissent après une trentaine de kilomètres. Ce sentiment d’invulnérabilité qui m’envahie et me permet de continuer plus loin… Évidemment, parfois, il y a aussi des bas… mais pas aujourd’hui!

Je me fait plaisir sur les 5 km qui mèneront au pied du mont Chauve en prenant de la vitesse. J’ai l’impression de survoler les sentiers, quel plaisir! Étrangement, je ne ressens aucune fatigue, autant physiquement que mentalement. Je crois que l’élément « plaisir » y est pour beaucoup! Aucun stress, je ne fais que vivre le moment présent à fond!

J’arrive au pied du sentier des Crêtes avec 34km au compteur. Seul problème, je n’ai plus une goutte d’eau. Je fais donc un détour de 3km vers le chalet du camping du lac Stukeley pour un ravitaillement. Je n’avais pas pensé une journée de 34 degrés sous le soleil dans mes prévisions… Peu importe, je n’avais aucun autre choix que d’aller me ravitailler. J’en profite pour manger un peu, heureusement que j’avais pensé mettre un « ziploc » de chips dans mon sac… je n’en peu plus du sucre!!! Lorsqu’on prévois une course autonome, il faut penser à tout!

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Au sommet des crêtes, 43km de parcouru

De retour au pied des Crêtes, 37km de parcouru jusqu’à maintenant. Environ 13km et 800m D+ à venir… la portion facile! De toute façon, j’ai du fun et je profite de ma journée! En plus, il s’agit de la plus belle section, avec des points de vue à couper le souffle. Une belle ascension où je prends le temps de prendre quelques photos et de d’apprécier le panorama qui s’ouvre devant moi en courant sur les crêtes. Le pic de l’ours et le pic de la roche fendue sont vraiment exceptionnels pour pratiquer le trailrunning. Encore une fois, je me sens privilégié de pouvoir y courir. J’apprécie chaque instant passé dans cette montagne, la dernière descente approche et je savoure les derniers kilomètres de cette aventure.

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Une section technique parmi tant d’autres…

Curieusement, il n’y a eu aucun moment de baisse d’énergie ou de découragement tout au long du périble. Aucun obstacle mental à franchir, seulement le physique à gérer… si toutes les courses pouvaient se dérouler de cette façon!

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Vue panoramique sur 360 degrés

Après 5h39 de course et un peu plus de 48km, je regagne mon point de départ, avec le sentiment d’avoir réussi… Un ultramarathon en solo…pourquoi pas! Et ce ne sera pas le dernier!

Prochaine aventure ce week-end, où j’irai tester le parcours du Bromont ultra. L’objectif sera de courir les 50 premiers kilomètres samedi matin… à suivre!

Un lundi de repos…

Histoire d’un lundi matin…

Normalement, je prends une journée de repos d’entraînement par semaine et ce sera aujourd’hui… Un peu de paresse, je n’irai pas courir, je me lève vers 7h00. Mais voilà que mon garçon de 5 ans est déjà debout, habillé… il m’attend : « Papa, est-ce qu’on va monter la montagne aujourd’hui? » Évidemment, je ne peux lui refuser ça… lui qui me voit souvent partir tôt le matin pour aller dans cette même montagne. De toute façon son pas de course est une bonne marche rapide pour moi… De la récupération active quoi!

Bientôt, nous serons 4 à aller profiter des sentiers, mais aujourd’hui maman attendra à la maison avec sa bedaine de 30 livres… L’automne sera aussi magnifique en famille!

Eliott veut faire l’Ascension du pain de sucre… pas pour la difficulté, mais pour la corde et « l’escalade » au sommet… c’est sa motivation! Nous sommes à peine sorti de la voiture qu’il s’élance déjà en courant… comment expliquer à un enfant qu’il doit gérer son effort… pour lui c’est tout ou rien! C’est beau de le voir monter si aisément en dépassant quelques personnes au passage!

C'est facile la course en sentiers!

C’est facile la course en sentiers!

Il adore se retrouver dans les sentiers et que dire de moi… double plaisir d’être là avec lui et de lui enseigner les rudiments du trailrunning.

Il faut s'hydrater!

Il faut s’hydrater!

Il aime les sentiers peu technique et plats parce qu’il peut aller vite. D’un autre côté, il dit qu’il aime aussi les portions techniques et pentues parce que c’est difficile.

L’orgueil est facilement remarquable… pas question de faire une pause si on croise d’autres marcheurs ou coureurs!

La passerelle

La passerelle

Les kilomètres défilent et il n’a pas l’impression de s’entraîner… normal à son âge… pour lui c’est un jeu, ou il doit trouver des trésors, voir des animaux et escalader au sommet… Il n’est jamais question du temps que ça prends ou de la distance parcouru. Lorsque c’est plus ardu, il me lance : « Papa, c’est difficile, mais je vais faire de mon mieux »

Bravo mon homme, tu as vraiment compris l’essence de la course en sentiers. C’est avec une attitude comme celle-là que tu auras du plaisir longtemps à parcourir nos sentiers!

Une fois au sommet, la fierté se lit dans son visage et il peut enfin escalader la dernière paroi.

Escaladee au sommet... La récompense!

Escalade au sommet… La récompense!

Une petite pause et voilà la descente. Quelques conseils de papa : « Restes concentré et regarde bien ou tu mets les pieds » et il s’élance rapidement au travers des roches et racines. Quel bonheur de le voir s’amuser à placer ses pieds au bon endroit afin d’aller aussi vite qu’il le peut!

De retour à la voiture, après 7km et 330m de D+, il commence évidemment à être fatigué, mais il ne se plaint pas : « Papa, on le refait la semaine prochaine, mais sans prendre de pause! » Avec plaisir mon petit homme!

Les jambes lourdes

Il y a de ces journées ou l’énergie ne semble pas au rendez-vous. Peut-être est-ce l’accumulation des kilomètres, du dénivelé et de la chaleur des derniers jours ou tout simplement une journée comme ça… Peu importe, je sais que j’irai tout de même courir cet après midi et après tout, je n’aurai qu’à ajuster mon rythme pour faire le temps voulu. On n’est pas toujours dans une forme pour faire des records!

Début d’après-midi, j’enfile mes souliers pour courir au Mont-St-Bruno. Je ne sais pas encore pour combien de temps, encore moins le nombre de kilomètres. Mais voilà qu’au fil des kilomètres, mon corps se réveille et je recommence à avoir du plaisir… Les fibres musculaires s’activent et m’emportent sur les sentiers, à un rythme acceptable. 

Pourquoi ne pas en profiter pour faire quelques côtes…

Après une dizaine de km, je bifurque vers les pentes de ski pour aller profiter des sentiers escarpés, avec une superbe vue en prime au sommet! Quelques bonnes montées pour que les jambes brûlent un peu, mais cette sensation  de souffrance me permet d’apprécier les moments moins difficiles. 

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Les pieds dans le vide

Encore une fois, je me sens vivant et je savoure chaque minute passée dans les sentiers à courir.

La prochaine fois ou je me sentirai lourd et que ma forme et mon enthousiasme habituel pour aller courir ne sera pas de la partie, je me souviendrai de cette journée ou mes jambes lourdes m’ont permis de retirer le maximum de ma course!

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Montée dans les pentes de ski

Une mention spéciale à mon ami Alain, qui a rendu les moments pénibles moins difficiles et qui s’est dépassé avec sa course la plus longue jusqu’à présent!

Retour en arrière

 

Je n’avais rien écrit en 2 ans et je ne peux revenir sur la décision que j’avais prise à ce moment. D’un autre côté, depuis le début de mon aventure dans le monde du trailrunning, il y a quelques moments forts sur lesquels je tiens à revenir. Voici donc une incursion dans les derniers mois de cette aventure

Après le Xtrail Orford 23km en octobre, il était clair que le trailrunning ferait partie de mon quotidien. Déjà, j’avais en tête de faire un Ultramarathon en sentier… De grandes ambitions peut-être pour une première saison, mais j’espérais que les dernières années à m’entraîner entre 12 et 20 heures par semaine pour les triathlons longue distance m’aideraient dans ma nouvelle quête de sensations!

Dès la fin de l’automne, mon inscription pour le 80km de l’UTHC était officielle. Je pouvais maintenant courir avec un objectif en tête.

Voici donc mes objectifs pour la saison 2014:

  • Compléter un Ultramarathon en sentiers
  • Atteindre un total de 100 000m de D+
  • Avoir du plaisir!

L’hiver est, à mon avis, une très belle saison pour la pratique de la course à pied. La neige apporte une difficulté supplémentaire, mais les sentiers sont moins techniques. On peut alterner entre course en souliers ou en raquette. La montagne nous offre des vues splendides et les températures froides nous obligent à rester fort mentalement. Les sorties matinales à la frontale avec lever de soleil au sommet de St-Hilaire viennent mettre un baume sur les embûches que nous offre l’hiver québécois!

Lever de soleil du 1ier janvier 2014

Lever de soleil du 1ier janvier 2014

Course hivernale en raquette au Mt-St-Hilaire

Course hivernale en raquette au Mt-St-Hilaire

Ma première course officielle de la saison a lieu au début mars. Il s’agit d’un marathon en raquette dans la magnifique région de Québec. Vous pouvez voir un résumé vidéo en cliquant ici. Une magnifique course en raquettes, avec comme toile de fond les Chutes Montmorency… À refaire l’an prochain!

Les semaines se suivent et j’empile les kilomètres et le dénivelé positif. Tout se passe bien et mon corps semble bien prendre la progression que je lui impose. L’été approche et je suis toujours aussi motivé. Les sorties matinales, les longues courses du week-end et les sentiers de plus en plus secs me permettent de penser que j’atteindrai mes objectifs.

Début mai, je prévois une grosse fin de semaine afin de me préparer physiquement, mais surtout mentalement, à courir longtemps. Le résultat est concluant et je parcours 76km et plus de 2000m D+ en 2 jours sur les sentiers de Bromont et  Mont-St-Hilaire. Je suis plus motivé que jamais! Une autre semaine passe et tout va toujours bien, mais voilà que mon corps en décide autrement… une vilaine douleur au mollet droit vient perturber ma progression. Ça fait mal, mais surtout, je ne pourrai pas courir pendant quelques semaines alors que mon premier Ultra s’en vient à grand pas. En effet, je suis inscrit pour le Estrie50 approche à grand pas. Il s’agit d’une course très technique de 80km dans les Sentiers de l’Estrie. Ma préparation est compromise et c’est difficile pour le moral. La course aura lieu dans 5 semaines… j’ai le temps de m’en remettre…

Quatre semaines plus tard, après quelques visites chez le physiothérapeute et un repos de course à pied, une semaine avant Estrie50, je reprends progressivement l’entraînement. Peut-être que j’ai tort, mais je veux absolument prendre part à l’évènement prévu le 14 juin.

C’est donc vers 4h00 le 14 juin que le départ du Estrie50 est lancé et je fais parti des quelques athlètes au départ. J’ai quand même un certain doute quant à ma capacité de compléter l’épreuve, mais je tenais à y être. Les premiers kilomètres se déroulent sans embûches, mais plus le temps avance, plus j’imagine la douleur au mollet refaire surface. Effectivement, les sentiers boueux et très techniques auront raison de mes capacités et me pousseront à abandonner la course après 58km.

Après avoir pris le temps d’y penser, je ne vois plus cet abandon comme un échec, mais plutôt comme une expérience qui me permettra de progresser vers mon objectif de compléter un Ultramarathon cette année. Il s’agit quand même de ma plus grande distance à vie et je pourrai bâtir sur l’expérience acquise dans ces sentiers. Entre autres je devrez travailler sur  l’élément solitude… ce qui est à l’opposé des triathlons, où il y a toujours des athlètes et des spectateurs autour de nous. Aussi, suite à la lecture de plusieurs récit de course d’autres athlètes québécois, je comprends qu’un ultramarathon apporte son lot de hauts et de bas et qu’il faut persister dans les bas pour revenir fort. Je crois qu’il est possible de transposer ces émotions à plus large échelle et que je me devais de faire ressortir le positif de cette épreuve.

Ainsi, après quelques jours de récupération j’étais prêt comme jamais à faire face aux défis à venir… Nous voilà maintenant en juillet et il semble que le reste de ma saison réserve encore quelques surprises!

Voici un aperçu de mon prochain article, décrivant une sortie épique dans le Parc National du Mont Orford…

Crêtes

Sentiers des Crêtes, Orford