Retour en arrière, la suite…

Dans mon dernier article, je disais qu’après mon abandon au Estrie50, j’étais prêt à faire face à de nouveaux défis. La prochaine course au calendrier était le Québec Mega Trail, une course de 25km/1000m D+ au Mont-Ste-Anne. Je n’ai fait aucune préparation spécifique pour cette course, il s’agissait plutôt d’un bon entraînement intense dans de nouveaux sentiers. Le défi auquel je me préparais était pour la semaine suivante…

Comme aucun ultramarathon ne cadrait dans mon horaire pour juillet, j’ai décidé de m’en organiser un moi-même… Orford serait mon terrain de jeux. Après avoir minutieusement étudié la carte des sentiers du parc national du Mont Orford, je me suis organisé un parcours d’environ 50km/2000m D+, faisant le tour du parc en entier. Un itinéraire à la fois diversifié et exigeant! Je prévois parcourir la distance en solitaire et en autonomie complète.

Vers 8h00, je prends le départ de ma « course », direction du secteur Stukeley. Les premiers kilomètres sont relativement plats et peu techniques… Je prends le temps de savourer chacun des kilomètres en me souvenant l’objectif de cette journée: Avoir du plaisir à courir longtemps! Après environ 10km, mon itinéraire me mène dans un sentier équestre pour les 8 prochains km… Je me rends rapidement compte que ce sentier n’existe que sur la carte! Je me retrouve alors dans une forêt assez dense où je n’ai comme seul repère de minuscules panneaux avec un cheval aux 20-25 mètres… Douloureux souvenir du Estrie50, mais je progresse quand même au travers de tous ces arbres, foin, bouette et racines… Après une trentaine de minutes dans cette section, je regarde sur ma montre Suunto et je constate que je n’ai parcouru que 3,5km sur les 8 qui me séparent du prochain sentier… Par contre, rendu où j’en suis, rien ne vaut rebrousser chemin, je suis mieux de progresser et de surmonter cet obstacle… Car dans un Ultra, il y en aura de toute façon! Quelques dizaines de minutes plus tard, je retrouve un sentier et la route 220 qui me mènera vers la prochaine section.

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Premier point de vue, km 25

À partir de maintenant, le dénivelé sera de la partie, mais je sais aussi que les points de vue en vaudront la peine. Avec environ 24km dans les jambes, j’entame l’ascension du mont Chauve, par les sentiers de l’Estrie. Il s’agit d’une montée d’environ 5km qui me mènera au sommet de cette montagne. De très beaux sentiers, juste assez technique qui me permettent de garder un bon rythme. Je me sens bien, vivant, libre, reconnaissant de pouvoir profiter de ces moments particuliers en courant. La blessure n’a pas refait surface et je sais maintenant que tout est possible pour le reste de la saison.

 

Quand je cours, j’adore les moments d’euphorie qui apparaissent après une trentaine de kilomètres. Ce sentiment d’invulnérabilité qui m’envahie et me permet de continuer plus loin… Évidemment, parfois, il y a aussi des bas… mais pas aujourd’hui!

Je me fait plaisir sur les 5 km qui mèneront au pied du mont Chauve en prenant de la vitesse. J’ai l’impression de survoler les sentiers, quel plaisir! Étrangement, je ne ressens aucune fatigue, autant physiquement que mentalement. Je crois que l’élément « plaisir » y est pour beaucoup! Aucun stress, je ne fais que vivre le moment présent à fond!

J’arrive au pied du sentier des Crêtes avec 34km au compteur. Seul problème, je n’ai plus une goutte d’eau. Je fais donc un détour de 3km vers le chalet du camping du lac Stukeley pour un ravitaillement. Je n’avais pas pensé une journée de 34 degrés sous le soleil dans mes prévisions… Peu importe, je n’avais aucun autre choix que d’aller me ravitailler. J’en profite pour manger un peu, heureusement que j’avais pensé mettre un « ziploc » de chips dans mon sac… je n’en peu plus du sucre!!! Lorsqu’on prévois une course autonome, il faut penser à tout!

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Au sommet des crêtes, 43km de parcouru

De retour au pied des Crêtes, 37km de parcouru jusqu’à maintenant. Environ 13km et 800m D+ à venir… la portion facile! De toute façon, j’ai du fun et je profite de ma journée! En plus, il s’agit de la plus belle section, avec des points de vue à couper le souffle. Une belle ascension où je prends le temps de prendre quelques photos et de d’apprécier le panorama qui s’ouvre devant moi en courant sur les crêtes. Le pic de l’ours et le pic de la roche fendue sont vraiment exceptionnels pour pratiquer le trailrunning. Encore une fois, je me sens privilégié de pouvoir y courir. J’apprécie chaque instant passé dans cette montagne, la dernière descente approche et je savoure les derniers kilomètres de cette aventure.

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Une section technique parmi tant d’autres…

Curieusement, il n’y a eu aucun moment de baisse d’énergie ou de découragement tout au long du périble. Aucun obstacle mental à franchir, seulement le physique à gérer… si toutes les courses pouvaient se dérouler de cette façon!

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Vue panoramique sur 360 degrés

Après 5h39 de course et un peu plus de 48km, je regagne mon point de départ, avec le sentiment d’avoir réussi… Un ultramarathon en solo…pourquoi pas! Et ce ne sera pas le dernier!

Prochaine aventure ce week-end, où j’irai tester le parcours du Bromont ultra. L’objectif sera de courir les 50 premiers kilomètres samedi matin… à suivre!

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