Magnifiques Montagnes Blanches

Une autre aventure qui débute dans l’obscurité la plus totale. Ce sont mes favorites. Le réveil, voire le début de ma course, a lieu à l’heure où presque tout le monde dort. Je pourrai profiter de la solitude dans la montagne.

Cette fois ci, je devrai me lever plus tôt afin de combler les 3 heures qui me séparent des majestueux sentiers de la White Mountain National Forest au New Hampshire avant l’aurore.

2h30 AM, il est temps de me lever. J’avais tout préparé la veille question de gagner du temps, mais aussi pour être certain de ne rien oublier car à cette heure matinale, je suis un peu distrait… D’ailleurs, je devrai me rappeler de mettre le café dans la cafetière parce qu’une tasse d’eau chaude, ça goûte pas grand chose! Une fois le vrai café coulé, je suis prêt à partir…

Un peu plus de 3 heures se sont écoulées et c’est sous le faisceau de ma Petzl que je complète les derniers préparatifs. Répartition de la nutrition/hydratation, des vêtements de rechange et dernier regard sur la carte du parcours et de mon kit survie 48h dans mon sac Ultimate Direction PB. Il est d’ailleurs rempli à bloc, j’ai prévu des vêtements secs pour parcourir la crête une fois au sommet. Je compte faire environ 35km avec 1500m de dénivelé positif, soit l’ascension aller-retour du Mont Bond à partir de l’accueil Lincoln woods.

Les 8 premiers kilomètres sont très faciles, il s’agit en fait d’une ancienne voie ferrée qui longe la rivière Pemigewasset. Il y a quelque chose d’unique à courir dans la noirceur, surtout lorsque le sentier est inconnu et qu’une affiche « Bear country » annonce la présence massive d’ours dans le secteur… Chaque petit craquement devient suspect et comme les yeux ne peuvent faire leur travail en raison de l’obscurité,  tous les autres sens sont aiguisés et à l’affût du moindre détail. Le ciel commence à s’éclaircir une fois cette première section complétée. Par chance car ce qui s’en vient, en plus de l’ascension, est une partie assez technique, avec beaucoup de roches et de traversée de rivières.

IMG_20141029_090412

Quelques rivières croisent mon chemin

IMG_20141029_090310

Je dois prendre le temps de m’arrêter pour admirer ce qui m’entoure

Pendant les 6 prochains kilomètres, je vais gravir environ 1000m de dénivelé…. de quoi faire brûler les cuisses! Le sentier est parfois en lacets et me donne l’oportunité de courir. À d’autres moments, ce sont des escaliers rocheux abrupt qui s’élèvent devant moi. Je suis certainement le premier à emprunter ces sentiers aujourd’hui à voir la centaine de toiles d’araignées que je me suis pris en plein visage! Au fil des kilomètres, le paysage commence à changer. Les grands arbres feuillus font place à de petits conifères et le sentier s’éclairci de plus en plus. Me voilà maintenant en zone alpine, avec un dernier mur qui se dresse devant, dernier obstacle me séparant de l’arête tant attendue. C’est pour elle que je suis venu ici. J’ai hâte de courir avec cette vue à 360 degrés sur ces majestueuses Montagnes Blanches.

20141028_091011

À plus de 1000m d’altitude, débute la zone alpine

20141028_091019

Un dernier mur avant l’arête tant attendue

 

Au sommet, la température change drastiquement. Mon t-shirt et mon coupe vent détrempés ne sont plus d’aucune utilité. Un changement s’impose et j’opte alors pour un chandail technique manches longues et mon manteau en duvet léger pour me protéger des éléments. Le vent souffle fort et le sommet est givré. Le mélange de neige et de pluie glaciale m’incite à ne pas m’éterniser au sommet. Si j’y reste, les risques d’hypotermie sont réels, je redescend donc rapidement sur l’arête, 200m plus bas, où le temps est plus clément. J’ose imaginer ce à quoi doit ressembler le sommet, à 1432m d’altitude, lors d’une tempête hivernale. Si je veux refaire cette course en hiver, je devrai être bien équipé!

IMG_20141029_085933

Courir sur l’arête, un moment que j’attendais avec impatience

IMG_20141029_085821

Sommet glacé

Après avoir parcouru la crête à deux reprises, je suis rassasié pour la journée et je peux entreprendre prudemment la descente technique qui me ramènera à mon point de départ. Quelle journée exceptionnelle… L’esprit de la course en montagne à son meilleur… Une autre aventure prend fin que je suis déjà préparer la prochaine visite dans ces Montagnes Blanches… Des partants pour le Mont Washington la semaine prochaine?

FullSizeRender

Un aperçu cartographique de la journée

FullSizeRender-2

Profil du parcours

Publicités

Bromont Ultra

Bromont Ultra… Le directeur de course Alister Gardner avait plusieurs tours dans son sac lorsqu’il a dessiné le parcours! Même si Bromont ne figure pas parmi les plus hauts sommet du Québec, il a su tirer le maximum de la montagne pour offrir une boucle de 80km avec plus de 3200m de dénivelé positif. Sections techniques, roulantes, pentes raides, bouette, racines et ruisseaux s’enchaînaient tout au fil des kilomètres. Un parcours très difficile qui aura eu raison de plusieurs coureurs… Tous ceux qui ont parcouru la portion du 55km peuvent en témoigner!

photo 4

Un parcours avec beaucoup de surprises!

Retour sur cette journée où j’ai couru mon premier 80km…

Il est 3h30 du matin, il fait froid, il fait noir. Pourtant, la cinquantaine de coureurs ont tous le sourire et l’atmosphère est agréable. Le ciel étoilé et la lune brillante apportent chaleur et réconfort, sans compter la lueur offerte par les barils de feu de camp un peu partout autour de nous. Après une courte réunion d’avant course, je me sens prêt à affronter la journée difficile qui s’en vient. Je m’y prépare depuis quelques mois et je tiens à terminer l’épreuve… J’ai encore un goût amer de mon abandon au Estrie50 de juin dernier, je dois réussir aujourd’hui!

IMG_46592035617463

Départ à la frontale…

4h00 tapant, le départ est donné. Les lampes frontales éclairent le sol devant nous et je me positionne dans un petit groupe de 5-6 coureurs au devant du peloton. Dès le 2ième km, la première ascension de la journée se pointe devant nous. De beaux sentiers techniques en lacets sur près de 2km nous mènent vers notre premier sommet. Je reste très conservateur dans cette montée afin de préserver mon énergie… il est trop tôt pour que ça chauffe! La descente qui suit est très abrupt et aucune erreur n’est permise dans cette obscurité où seule le lueur de ma frontale me permet de distinguer les obstacles devant moi. Aucun répit au bas de cette pente, nous entreprenons déjà une autre montée d’environ 1km. La descente qui suit me mène à 1 heure de course et 9,5km de parcouru. Le rythme est bon, mais je sais que la section la plus ardue s’en vient. Le petit groupe dans lequel je me trouvais a déjà explosé et je me retrouve avec seulement 2 autres coureurs pour affronter une section surnommée « Lobotomie » . Maintenant ça monte pour vrai! Près de 6km d’ascension avec des passages à plus de 20%, où je dois m’accrocher aux branches plus haut pour me permettre de progresser sur ce terrain rendu glissant par la pluie de la veille. Je prendrai environ 1 heure pour me rendre au sommet de cette section difficile. Évidemment, la descente qui suit ne me permet pas de prendre de vitesse tellement elle est technique, surtout dans l’obscurité de la nuit J’y vais prudemment pour ne pas tomber comme d’autres coureurs avec qui j’étais.

Au bas de cette pente, le groupe a explosé et je me retrouve seul avec Mat L. , avec qui je serai pour les 2 prochaines heures. L’aurore qui arrive me permet d’admirer les routes de campagne majestueuses sur lesquels je parcourrai les 19 prochains kilomètres. Avec le soleil qui se pointe, les couleurs automnales sont de plus en plus présentes, ce qui ajoute au spectacle. Je profite de cette section « facile » pour refaire le plein d’énergie et économiser mes jambes pour les ascensions qui s’en viennent.

Le dénivelé annoncé pour les premiers 55km était de 1400m. Après seulement 32km, ma montre Suunto Ambit affiche 1450m d’ascension complétée, alors que je sais que la partie la plus ardue est à venir… Après quelques calculs mental, j’estime que je devrai gravir environ 1000m encore… Une chance que j’ai été conservateur dans les portions précédentes!

photo 5

3200m de D+, ça rentre dans les jambes!

Me voilà maintenant au ravitaillement du km 38, où j’en profite pour m’asseoir un peu et analyser la section qui s’en vient… Un bénévole me dit gentiment que les 12 prochains km sont les pires du parcours… Ca va faire mal! Après avoir mangé un peu et m’être bien hydraté, j’entreprend cette ascension infernale dans les pentes de ski avec des murs qui se dressent devant moi. À ce moment, j’ai une pensée pour les coureurs du 160km, qui devaient passer 2 fois par cette section… Ouch! Impossible de courir ici, c’est trop abrupt. Au moins, la température est idéale et les points de vue sont à couper le souffle… Ça met un baume sur la douleur ressentie dans mes cuisses.

20141012_100021

L’automne à son meilleur!

Au km 40, alors que je suis sur un des sommets, j’entend la voix de l’annonceur comme s’il était à côté de moi. Pourtant, il me reste encore 15km avant d’arriver au camp de base. Je dois garder le focus pour affronter les difficultés devant. Une longue suite de montées abruptes et de descentes techniques s’enchaînent dans les 10km suivants. Ce sera pour moi la partie la plus difficile mentalement. J’avais l’impression de toujours recommencer la même section à force de monter et descendre sans cesse. Par contre, à aucun moment je n’ai eu envie d’abandonner. Je tenais trop à arriver au bout de cette épreuve… Je progresse malgré tout et mon objectif est simple… continuer d’avancer!

Ça fait maintenant 7h que je cours et j’arrive enfin au camp de base après 55km et 2500m d’ascension. Je laisse de côté la lampe frontale et j’enfile une camisole sèche pour affronter les 25 derniers kilomètres. Une courte pause de 3-4 minutes m’aura permis de refaire le plein d’énergie et de repartir confiant. Je prendrai les km un à la fois jusqu’au bout et je n’ai aucun doute sur ma capacité d’y arriver.

Au ravitaillement du km 62, j’apprends que je suis le troisième coureur du 80km. À aucun moment jusqu’à présent je ne m’étais soucié de mon classement, surtout que j’étais seul depuis les 28 derniers km. L’objectif est maintenant clair, conserver ma position. Normalement, je ne me soucie pas du classement, mais dans une course de 80km, il faut se fixer des objectifs pour avancer… j’en ai maintenant un!

Sur les 18km suivant, je vais alterner course et marche pour me rendre au bout. Il s’agit des km les moins ardus du parcours et j’en suis bien content! Avec seulement 1km à faire, je prends le temps de savourer le moment en m’empreignant de l’ambiance. Je suis maintenant au bout de cette journée riche en émotions et j’en suis très fier. J’ai atteint mon objectif de terminer cette épreuve, avec en bonus une troisième place. Au final, j’aurai mis 10h26 pour parcourir les 80km et 3200m D+ de cette course. Mission accomplie!

IMG_20141013_081147

Fiston qui m’accompagne sur les derniers mètres, quel bonheur!

Bromont Ultra, une organisation sans faille à mon point de vue et des bénévoles exceptionnels! Merci pour cette expérience!

Mise à jour en date du 2014-10-14

Finalement, j’ai appris aujourd’hui qu’une erreur s’était glissée au classement, et par le fait même, je glisse d’une position aussi, me retrouvant en 4ième place. Personnellement, ma course demeure inchangée, cette journée m’appartient et j’en ai tiré le maximum, podium ou pas!

Hymne à l’automne

Ce matin, il fait noir. Pourtant, il est déjà 6h30. J’ai besoin de ma frontale pour voir où je vais. En été, la clarté serait installée depuis 1h30 déjà! Avec l’aurore qui s’installe et les premiers rayons de soleil qui percent le feuillage, je commence à distinguer les couleurs automnales. J’arrive bientôt au sommet, je pourrai prendre une pause et profiter du spectacle qui s’offre à moi car pour l’instant, mes yeux se doivent d’être rivés au sol pour déchiffrer le terrain devant. Le tapis de feuilles multicolores rend les sentiers plus techniques, camouflant roches et racines. Pour mon compagnon à 4 pattes, ça ne semble pas être un problème, mais moi, avec la moitié d’appui je dois être plus vigilant. Bientôt, je me permettrai d’arrêter un instant pour contempler quelques secondes le spectacle. Encore quelques foulées prudentes avant le sommet…

Sans aucun doute, l’automne est ma saison favorite pour courir en sentiers. La température est idéale et les panoramas qui s’étendent devant moi sont souvent à couper le souffle. La pluie est plus fréquente et froide, mais la beauté des journées ensoleillées vient compenser amplement! De toute façon, il n’y a aucune mauvaise journée pour courir, chacune nous apporte une perspective unique des sentiers et de la montagne…

Voici, en quelques photos, ma perception de cette magnifique saison… À vos souliers, allez profiter vous aussi de ces moments colorés en sentiers, ça vaut la peine!

10175088_546902342109559_995141154_n

Prendre le temps de respirer un peu au sommet…

10518167_835033006542538_204823502_n

Couleurs d’automne et ciel bleu… journée parfaite pour courir

1389833_1519952501578382_328881156_n

Lily, ma partenaire d’entraînement à 4 pattes

10724064_644719022307767_2141783271_n

Beau temps, mauvais temps, chaque moment est unique et il faut le vivre pleinement

10723716_351502105016699_1198631993_n

Ciel coloré…

10724711_1502816279956560_1776437078_n

L’automne vue d’en haut…