Bromont Ultra

Bromont Ultra… Le directeur de course Alister Gardner avait plusieurs tours dans son sac lorsqu’il a dessiné le parcours! Même si Bromont ne figure pas parmi les plus hauts sommet du Québec, il a su tirer le maximum de la montagne pour offrir une boucle de 80km avec plus de 3200m de dénivelé positif. Sections techniques, roulantes, pentes raides, bouette, racines et ruisseaux s’enchaînaient tout au fil des kilomètres. Un parcours très difficile qui aura eu raison de plusieurs coureurs… Tous ceux qui ont parcouru la portion du 55km peuvent en témoigner!

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Un parcours avec beaucoup de surprises!

Retour sur cette journée où j’ai couru mon premier 80km…

Il est 3h30 du matin, il fait froid, il fait noir. Pourtant, la cinquantaine de coureurs ont tous le sourire et l’atmosphère est agréable. Le ciel étoilé et la lune brillante apportent chaleur et réconfort, sans compter la lueur offerte par les barils de feu de camp un peu partout autour de nous. Après une courte réunion d’avant course, je me sens prêt à affronter la journée difficile qui s’en vient. Je m’y prépare depuis quelques mois et je tiens à terminer l’épreuve… J’ai encore un goût amer de mon abandon au Estrie50 de juin dernier, je dois réussir aujourd’hui!

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Départ à la frontale…

4h00 tapant, le départ est donné. Les lampes frontales éclairent le sol devant nous et je me positionne dans un petit groupe de 5-6 coureurs au devant du peloton. Dès le 2ième km, la première ascension de la journée se pointe devant nous. De beaux sentiers techniques en lacets sur près de 2km nous mènent vers notre premier sommet. Je reste très conservateur dans cette montée afin de préserver mon énergie… il est trop tôt pour que ça chauffe! La descente qui suit est très abrupt et aucune erreur n’est permise dans cette obscurité où seule le lueur de ma frontale me permet de distinguer les obstacles devant moi. Aucun répit au bas de cette pente, nous entreprenons déjà une autre montée d’environ 1km. La descente qui suit me mène à 1 heure de course et 9,5km de parcouru. Le rythme est bon, mais je sais que la section la plus ardue s’en vient. Le petit groupe dans lequel je me trouvais a déjà explosé et je me retrouve avec seulement 2 autres coureurs pour affronter une section surnommée « Lobotomie » . Maintenant ça monte pour vrai! Près de 6km d’ascension avec des passages à plus de 20%, où je dois m’accrocher aux branches plus haut pour me permettre de progresser sur ce terrain rendu glissant par la pluie de la veille. Je prendrai environ 1 heure pour me rendre au sommet de cette section difficile. Évidemment, la descente qui suit ne me permet pas de prendre de vitesse tellement elle est technique, surtout dans l’obscurité de la nuit J’y vais prudemment pour ne pas tomber comme d’autres coureurs avec qui j’étais.

Au bas de cette pente, le groupe a explosé et je me retrouve seul avec Mat L. , avec qui je serai pour les 2 prochaines heures. L’aurore qui arrive me permet d’admirer les routes de campagne majestueuses sur lesquels je parcourrai les 19 prochains kilomètres. Avec le soleil qui se pointe, les couleurs automnales sont de plus en plus présentes, ce qui ajoute au spectacle. Je profite de cette section « facile » pour refaire le plein d’énergie et économiser mes jambes pour les ascensions qui s’en viennent.

Le dénivelé annoncé pour les premiers 55km était de 1400m. Après seulement 32km, ma montre Suunto Ambit affiche 1450m d’ascension complétée, alors que je sais que la partie la plus ardue est à venir… Après quelques calculs mental, j’estime que je devrai gravir environ 1000m encore… Une chance que j’ai été conservateur dans les portions précédentes!

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3200m de D+, ça rentre dans les jambes!

Me voilà maintenant au ravitaillement du km 38, où j’en profite pour m’asseoir un peu et analyser la section qui s’en vient… Un bénévole me dit gentiment que les 12 prochains km sont les pires du parcours… Ca va faire mal! Après avoir mangé un peu et m’être bien hydraté, j’entreprend cette ascension infernale dans les pentes de ski avec des murs qui se dressent devant moi. À ce moment, j’ai une pensée pour les coureurs du 160km, qui devaient passer 2 fois par cette section… Ouch! Impossible de courir ici, c’est trop abrupt. Au moins, la température est idéale et les points de vue sont à couper le souffle… Ça met un baume sur la douleur ressentie dans mes cuisses.

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L’automne à son meilleur!

Au km 40, alors que je suis sur un des sommets, j’entend la voix de l’annonceur comme s’il était à côté de moi. Pourtant, il me reste encore 15km avant d’arriver au camp de base. Je dois garder le focus pour affronter les difficultés devant. Une longue suite de montées abruptes et de descentes techniques s’enchaînent dans les 10km suivants. Ce sera pour moi la partie la plus difficile mentalement. J’avais l’impression de toujours recommencer la même section à force de monter et descendre sans cesse. Par contre, à aucun moment je n’ai eu envie d’abandonner. Je tenais trop à arriver au bout de cette épreuve… Je progresse malgré tout et mon objectif est simple… continuer d’avancer!

Ça fait maintenant 7h que je cours et j’arrive enfin au camp de base après 55km et 2500m d’ascension. Je laisse de côté la lampe frontale et j’enfile une camisole sèche pour affronter les 25 derniers kilomètres. Une courte pause de 3-4 minutes m’aura permis de refaire le plein d’énergie et de repartir confiant. Je prendrai les km un à la fois jusqu’au bout et je n’ai aucun doute sur ma capacité d’y arriver.

Au ravitaillement du km 62, j’apprends que je suis le troisième coureur du 80km. À aucun moment jusqu’à présent je ne m’étais soucié de mon classement, surtout que j’étais seul depuis les 28 derniers km. L’objectif est maintenant clair, conserver ma position. Normalement, je ne me soucie pas du classement, mais dans une course de 80km, il faut se fixer des objectifs pour avancer… j’en ai maintenant un!

Sur les 18km suivant, je vais alterner course et marche pour me rendre au bout. Il s’agit des km les moins ardus du parcours et j’en suis bien content! Avec seulement 1km à faire, je prends le temps de savourer le moment en m’empreignant de l’ambiance. Je suis maintenant au bout de cette journée riche en émotions et j’en suis très fier. J’ai atteint mon objectif de terminer cette épreuve, avec en bonus une troisième place. Au final, j’aurai mis 10h26 pour parcourir les 80km et 3200m D+ de cette course. Mission accomplie!

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Fiston qui m’accompagne sur les derniers mètres, quel bonheur!

Bromont Ultra, une organisation sans faille à mon point de vue et des bénévoles exceptionnels! Merci pour cette expérience!

Mise à jour en date du 2014-10-14

Finalement, j’ai appris aujourd’hui qu’une erreur s’était glissée au classement, et par le fait même, je glisse d’une position aussi, me retrouvant en 4ième place. Personnellement, ma course demeure inchangée, cette journée m’appartient et j’en ai tiré le maximum, podium ou pas!

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6 réflexions au sujet de « Bromont Ultra »

  1. Bravo Mathieu! Je sais que ce 80km était très important pour toi. J’ai eu une petite pensé pour toi durant cette journée ou j’ai monté le mont-St.-hilaire avec mon chum et mes filles. Tu es une source d’inspiration pour plusieurs. Tu as de quoi être fière d’être arrivé 3ème et que dire ton arriver avec ton petit coco qui t’as accompagner au derniers moment de cette superbe course riche en émotions. Il a un beau modèle de persévérance et de détermination. Bravo encore une fois!

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  2. Bravo Mathieu! J’ai bien reconnu les pistes et les chemins de « notre » 80km dans tes descriptions, car j’étais la aussi pour ma première tentative d’une course de cette distance. Malheureusement je suis arrivé au base-camp, km 55, à 14h après 10 heures de course, et on m’a informé que « ma course était terminée » car je ne saurais jamais faire les deux dernières boucles avant la fermature. Pourtant, je reste déçu car je sais que j’avais encore la force et la volonté pour y arriver…mais simplement pas la vitesse. À la prochaine…

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  3. Félicitation, quel beau et gros défit tu as relevé. Moi qui ait fait la partie la plus facile du tracé et j’ai trouvé ça ardue ! En plus, ton tracé Strava est en jaune et le mien est en orange et rouge tout le long et je ne suis même pas très vite. Tu dois avoir un VO2 max incroyable. Un bon mental aussi pour n’avoir jamais pensé à l’abandon sur un parcours très très exigeant.

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