Autopsie d’un abandon

J’aime courir, j’aime courir longtemps. L’abandon ne fait pas partie de mes habitudes. Aucun en plus de 10 ans de compétitions. Aujourd’hui le cœur n’y était pas et par le fait même, le plaisir s’est enfui devant moi jusqu’à ce que je décide de le rattraper.
Pour relire mon récit du 125km de L’Ultratrail Harricana 2015, c’est ici.
L’envie de vous partager ma passion pour les sports d’endurance vient aussi avec l’engagement de vous faire connaître autant les réussites que les moments plus difficiles… L’UTHC 2016 en est un…
10 septembre, minuit, en route pour prendre le départ à 2h00 à Notre-Dame des Monts. Pour une deuxième année consécutive, je prends le départ de l’Ultra-trail Harricana du Canada, une traversée de 118km dans l’arrière-pays de Charlevoix. Cette nuit, je n’ai pas envie de courir pendant 16 heures…

Dès les premiers km le doute s’installe. Les jambes sont là, mais le cœur n’y est pas. J’essaie de me convaincre, mais rien dans mes stratégies habituelles ne réussit à estomper le doute. Pendant les 2 premières heures de la course, je réfléchie, je me questionne sur la suite de la journée. Je n’ai pas de plaisir et je dois remédier à la situation. Ma décision est prise, ma ligne d’arrivée sera au ravitaillement des Hautes-Gorges, au km 55.
À partir de ce moment, j’’ai vécu le moment présent, le doute s’est envolé et le plaisir de courir est revenu. Après tout, le parcours de cette course est fabuleux, les sentiers sont magnifiques. Je n’ai juste pas envie d’en profiter durant 16 heures!
J’allais m’amuser dans l’ascension du Morios, profiter de l’obscurité totale au sommet pour admirer la splendeur du ciel étoilé, de l’odeur frais du sommet, du vent qui souffle sur mon corps en sueur. Au loin, la lueur du soleil levant alors que j’entreprends la descente vertigineuse à travers roches et racines.

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Au pied de la montagne, l’accueil des bénévoles me fait sourire, eux qui, à 5 heures du matin, sont remplis d’énergie et prêts à nous la transmettre afin de poursuivre.
Après quelques kilomètres de chemins forestiers, j’entame l’ascension de la montagne de la Noyée, sachant que j’aurai droit à un levé de soleil magnifique au sommet. Ça m’aide à continuer. Au sommet, la vue est à couper le souffle. Une mer de montagnes, de lacs et de nuages qui réflète les premiers rayons de soleil.


Il ne me reste qu’une quinzaine de kilomètres avant le ravitaillement des Hautes Gorges. J’ai encore le temps de réviser ma décision, mais je n’en ai simplement pas envie. Je vais arrêter tandis que j’ai du plaisir.
Même si ma décision était réfléchi, c’est empreint d’émotions que j’ai annoncé mon abandon à Benoît, responsable du ravitaillement des Hautes-Gorges. Les larmes aux yeux, la gorge serrée, pour la première fois je ne terminerai pas une course, mis à part un abandon pour cause de blessure en 2014.
Avec du recul, je ne regrette pas cette décision. Je vais me reprendre, les montagnes savent attendre.
Elles attendront jusqu’au 9 octobre, lorsque je prendrai le départ du Bromont Ultra!

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Ironman Vs Ultramarathon

À l’aube du weekend Ironman à Tremblant, il m’est venu l’idée de comparer l’épreuve du Ironman à celle d’un ultramarathon de 80km en sentiers avec 2500m de dénivelé positif. Laquelle est la plus difficile?

Évidemment, cette analyse n’a rien de scientifique! Elle est plutôt fondée sur mes propres expériences et capacités personnelles.

À quelques minutes près, je mets le même temps pour franchir la ligne d’arrivée des deux épreuves d’endurance, d’où l’idée de comparer le niveau de difficulté.

Tout d’abord, voyons ou j’en suis dans un ultramarathon après chaque épreuve du IM.

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Il me faut en moyenne 58 minutes pour franchir les 3.8km de la natation. Au même moment d’un ultramarathon, j’ai environ 10km de parcourus.

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Je boucle les 180km de vélo en 5h30, temps total avec les transitions d’environ 6h35. Lors d’un ultramarathon, j’ai environ 50km dans les jambes à ce moment.

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La dernière étape, celle du marathon, est complétée en 3h45 et le chronomètre s’arrête à 10h29, soit environ 3 minutes de plus que lors de mon dernier ultramarathon de 80km en 10h26.

Il est évident que le niveau de difficulté de chaque Ironman peut être différent, tout comme les ultramarathons. Pour avoir pris part à 5 IM différents, la différence de temps est négligeable, soit pas plus de 30 minutes d’écart pour la même distance. Pour un ultratrail, gardons en tête un parcours standard de 80km avec 2500m de dénivelé positif.

Maintenant que la question du temps est réglée, reprenons à la base, celle de la préparation.

Il est évident que la logistique de préparation d’un IM est beaucoup plus complexe, sans compter l’investissement financier plus élevé. Il faut avoir les bons équipements, conjuguer avec les horaires de la piscine, avoir le bon positionnement pour le vélo et trouver le temps pour s’entraîner dans les 3 disciplines. Il faut être entouré de gens compréhensifs!

 

En ce qui concerne l’entraînement, je mettais en moyenne 11 heures par semaines pour les 3 disciplines avec des périodes de pointes à 18-20 heures par semaine. Pour préparer un ultratrail, je m’entraîne en moyenne 8 heures par semaine et les plus chargées sont d’environ 10h30, pour 80 à 120km par semaine.

Maintenant, il n’y a pas que le temps et la préparation qui compte. Les plus grandes embûches surviennent le jour de la course! En effet, c’est lors de cette journée qu’un écart se creuse entre le niveau de difficulté de ces deux épreuves d’endurance qui nous font repousser nos limites.

Au niveau physique, la difficulté est semblable. À titre d’exemple, ma fréquence cardiaque moyenne lors des deux épreuves est similaire, soit autour de 148 bpm. Le nombre de calories dépensées est aussi semblable, soit près de 8000 calories. Par contre, le fait de combiner les 3 épreuves en triathlon permet de travailler différents muscles. Lors d’un ultramarathon, le même mouvement est répété, ce qui amplifie la difficulté.

À mon avis, la plus grande différence se trouve sur le plan mental et psychologique. En sentiers, pas de milliers de spectateurs pour encourager à chaque passage ou transition, ni de centaines de coureurs à dépasser ou à croiser. Il n’est pas rare de se retrouver seul pendant plusieurs heures et il faut surmonter les difficultés en se fiant à soi-même. Personne n’est présent pour remonter le moral dans le creux de la vague. Mais c’est aussi ce qui fait la beauté du trailrunning!

 

Voici donc ma conclusion :

Il s’agit de deux sports d’endurance qui nous permette de repousser nos limites. Il ne faut pas prendre à la légère la préparation qu’ils demandent ni sous-estimer leur difficulté.

L’Ironman est plus difficile à préparer en raison de la gymnatisque d’horaire et de l’investissement en temps et argent qu’il demande.

D’un autre côté, l’ultramarathon en sentiers est plus accessible et convivial, mais, selon moi, l’arche d’arrivée est plus difficile à rallier que celle de l’Ironman.

Bon entraînement et Bonne course à tout ceux qui seront à Tremblant dimanche!

 

 

 

 

 

La réussite passe par la volonté

La réussite passe par la volonté. Depuis longtemps, je crois qu’il n’y a pas que les heures passées à l’entraînement qui comptent, il faut aussi vouloir réussir le jour venu. Il faut être en confiance, prêt à affronter les obstacles qui se dresseront devant nous pour réaliser notre défi. 

La volonté que je vais vous exposer n’est pas la mienne, mais celle d’un ami, ultramarathonien en devenir. 

Revenons en arrière, mi-février dernier. Accident en travaillant à la maison, fracture de 5cm au talon. Pas de course pour un bout. Pas de vélo non plus pour garder la forme, il doit rester immobile pour permettre la guérison. Résilience. Attente. Les mois passent, l’été arrive et il doit mettre une croix sur le 80km de Bear Mountain. Vers la mi-mai, il reçoit l’accord de son orthopédiste pour reprendre le vélo. La reprise de la course à pied ne se fera que le 11 juin. Lentement, mais sûrement. Encore un peu de douleur, mais c’est contrôlé. Depuis janvier, seulement 360km de course à pied au total. La forme n’est pas à son meilleur, mais la tête est prête à gravir les sentiers, à surmonter les obstacles.

Le 22 juin, il décide de s’inscrire, sur un coup de tête, au Skymarathon du Mont Jacques Cartier. 44km de sentiers techniques avec près de 1800m de D+. Durant les 4 derniers mois, la bête intérieure était enchaînée. Aujourd’hui, le 26 juin, elle sera libre et ne ménagera pas les efforts pour aller au bout!

Il se lance dans l’inconnu. Une distance jamais parcourue, de nouveaux sentiers, une chaleur intense. Il ne s’agit que d’obstacles à surmonter. Un à un, un pas à la fois. Dans sa tête, il a la ferme conviction qu’il va aller jusqu’au bout. Un défi colossal certes, mais réalisable. Il a la volonté de réussir.


Passion. Détermination. Volonté. Réussite.

Malgré les embûches mises sur ses sentiers, il a fait l’aller-retour au sommet du Mont Jacques-Cartier. Ni le dénivelé, ni la distance, ni la chaleur, ni les ampoules n’ont eu raison de sa volonté. Au bout de 6h27, il a rallié le point de départ, bon pour une 25ième position.


 

Une force de caractère sans borne! Je n’ai aucun doute qu’il réussira le défi du 125km de l’ultratrail Harricana en septembre! Félicitations pour cette course! 

Mont Washington

Depuis quelques semaines déjà que je n’étais pas allé m’amuser dans les Montagnes Blanches au sud de la frontière… Malgré mes nombreuses visites, je n’avais jamais encore gravi le Mont Washington… Le temps est venu!
Le moment le plus difficile de l’aventure est toujours le départ de la maison… Les enfants qui me regardent avec leurs petits yeux comme si je partais pour 1 mois! Mais non, papa revient demain après-midi!


Donc, jeudi soir vers 19h00, en route vers le stationnement à la base du sentier que je prévois emprunter pour faire mon ascension. La température annoncée semble favorable, avec un dégagement pendant la nuit et un réchauffement de la température. À mon arrivée, une faible neige flotte dans l’air et les nuages couvrent les sommets. Quand j’arrive à la base des montagnes, je me sens toujours intimidé par ces géants. La noirceur, le froid et le vent viennent confirmer que ces terrains peuvent parfois être hostiles… C’est la montagne qui décide, on ne peut la vaincre, il faut s’y adapter. Avoir les bons équipements est essentiel. Comme je serai en solo cette fois, je devrai traîner plus d’équipement pour être en sécurité. Les crampons et un piolet s’ajoutent à mon matériel de base en raison des sentiers qui risquent d’être extrêmement glacés. Je traînerai avec moi près de 13 livres de matériel, hydratation et nutrition.
Vers 22h30, je m’installe confortablement dans mon sac de couchage en attendant qu’il soit 4h30…

Le jour se lève…
Au réveil, environ 2cm de neige fraîche recouvre mon pare-brise, le ciel est couvert et il tombe une fine pluie. Tout le matériel est prêt, il ne me reste qu’à partir. Je débute la randonnée à la lueur de ma lampe frontale. Une mince couche de neige cache les plaques de glace au sol, ce qui rend la course sans crampons assez périlleuse. J’opte donc pour la sécurité et j’enfile mes crampons Hillsound Trail. Les 2 premiers kilomètres sont en légère montée, avec peu de difficultés techniques.

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Le jour se lève…

Par la suite, la pente s’accentue graduellement et je me retrouve devant un mur de glace au 4ième kilomètre, avec près de 400m vertical à gravir sur 1km. Cette section m’emmène rapidement au-dessus du couvert nuageux et la vue est incroyable avec le lever du soleil. Le ciel est maintenant rempli de couleurs. Tout à coup, la montagne ne m’intimide plus. Je me sens bien, ici, maintenant. Les conditions sont parfaites, les crampons s’accrochent dans la glace et je grimpe rapidement jusqu’à la zone alpine.

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Au-dessus des nuages, le ciel rempli de couleurs

Après environ 1h15, j’arrive au refuge « Lake of the clouds », avec le sommet du mont Washington bien en vue. Il semble tout près malgré les 2 kilomètres qu’il reste à parcourir avant de l’atteindre. Les conditions changent de manière drastique, le vent se lève et le froid est mordant. Le sentier se transforme en un immense territoire rocheux ou il est difficile de progresser rapidement.

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Territoire parfois hostile, terrain rocheux. Mont Monroe en arrière plan. L’ombrage du géant sur les nuages.

 

Ici, c’est la montagne qui dicte le rythme à adopter. D’un cairn à l’autre, je me dirige vers le sommet avec le soleil qui pointe à l’horizon. Alors que je cours, je prends le temps d’admirer les paysages à couper le souffle qui s’étendent à 360 degrés. En haut, les sommets rocailleux et dénudés, en bas l’ombrage de ceux-ci sur une mer de nuages blancs. Le ciel, pour sa part, se présente en différents tons de bleu selon l’éclairage que le soleil lui apporte. Magnifique. Inspirant. Magique.

J’y suis maintenant, après avoir grimpé un peu plus de 1100m verticalement sur 8 km. Je prends le temps de changer mes vêtements afin d’être prêt à affronter le vent glacial qui sévit au sommet et sur la crête.

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Au sommet!

Le froid est tellement mordant que je perds les sensations au bout des doigts juste le temps de mettre des vêtements secs. Bien couvert avec mon manteau et mes pantalons en duvet, je repars sur la chaîne Présidentielle vers le mont Jefferson, qui sera aussi mon point de retour vers la base.

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La chaîne Présidentielle en arrière plan, dans l’ordre, Mt Clay, Mt Jefferson et Mt Adams.

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Encore quelques kilomètres à contempler le panorama et j’entreprends la descente rapide vers la base. Après 3h45, 21.1km et 1800m de dénivelé positif, je suis de retour à mon point de départ.

Le vidéo de mon aventure sur Youtube

Itinéraire :
Ascension par Ammonoosuc Ravine trail
Crawford Path jusqu’au sommet
Gulfside trail et Mount Clay loop jusqu’à Mont Jefferson
Retour par Gulside trail
Descente par Jewell trail

Voici le matériel utilisé pour la rando-course :
Souliers Salomon Spikecross 3 CS
Sac à dos Salomon Trail 20 contenant :
Manteau et pantalon en duvet / Chandail long en Merino / Gants coupe vent / Bas de rechange
Crampons d’alpinisme et piolet à glace / Crampons Hillsound trail
1.5 litres d’eau / 3 sachets Brix sirop d’érable / 4 compotes pomme en sachet
Caméra GoPro
Appareil de communication GPS Delorme Inreach
Trousse premiers soins et survie
Total 13 lbs de matériel

Abominable Marathon

Samedi dernier avait lieu l’Abominable Marathon de raquettes Mammouth. J’en étais à ma troisième participation à cet évènement. Un accueil chaleureux et sympathique, une course bien organisée et une ambiance familiale caractérisent cette course qui devient peu à peu un incontournable de l’hiver!
Lors des 2 dernières éditions, nous n’étions que 5 ou 6 coureurs à prendre le départ.Cette année, 17 abominables marathoniens avaient répondu à l’invitation du directeur de course Gabriel Lemieux. Une belle gang de malades prêts à affronter l’hiver et la neige pour parcourir les 42km de sentiers sinueux et vallonnés longeant la rivière Montmorency et le Golf Royal Québec.
Ce matin, les conditions de sentiers sont idéales. Les pistes travaillées la veille ont durcies dans la nuit froide et les portions « single track », très empruntées par les marcheurs, sont aussi bien compactées. Ce sera une course rapide!
Dès les premiers kilomètres, je trouve mon rythme et je n’essaie pas de m’accrocher aux deux premiers, de toute manière, je sais qu’ils sont trop rapides pour moi. Mon objectif est de faire une course égale, sans trop ralentir, d’avoir du plaisir tout en mettant du kilométrage dans les jambes en vue des Ultras de l’été. Les paysages sont splendides et j’en profite pour faire quelques vidéos au passage. La rivière qui serpente la vallée nous guide vers la majestueuse Chute Montmorency, qu’on doit absolument prendre le temps d’admirer quelques secondes.
Après 16km, passage à la ligne de départ et ravitaillement avant d’entamer une boucle de 5km sur le Golf Royal Québec. Cette partie du parcours est plus roulante et me permet de reposer un peu les jambes avant de retourner longer la rivière une deuxième fois.
Retour à l’aire d’arrivée, 21 km de fait en 1h58m. Les bénévoles serviables m’aident à faire le plein et je repars aussitôt! On pèse sur « repeat » et on recommence!
Après avoir fait la première boucle à jaser avec le souriant Christian, je me retrouve seul pour la deuxième moitié du parcours. Je trouve un rythme confortable et constant qui me permettra d’arriver au bout de la course en pleine forme. Un cruel passage à l’aire d’arrivée au km 37 avant de faire la dernière boucle sur le Golf et la course sera bouclée! Je n’ai pas été contraint à marcher, je n’ai pas explosé et j’ai eu du plaisir tout au long de ma course. Ça fait du bien!
Au final, je termine en 4ième place en 4h10m. Une mention spéciale à Éric Drolet qui a bouclé le trajet en seulement 3h27m et à Florent Bouguin qui termine deuxième quelques minutes plus tard avec une raquette cassée dans les mains!

Pour voir le vidéo résumant ma course, c’est ici

Restez branché, je mettrai en ligne dans les quelques jours mon prochain vidéo, Aventures d’hiver. Un avant-goût est déjà sur ma chaîne Youtube, en cliquant ici

Bon visionnement!

 

 

Bilan 2014 / Objectifs 2015

Déjà plongé dans l’année 2015, il est temps de faire un retour sur 2014 afin de préparer les objectifs pour l’année à venir.

Au début 2014, je m’étais fixé 3 objectifs pour ma saison de course:

  1. Courir mon premier Ultramarathon
  2. Accumuler 100 000m de dénivelé positif
  3. Avoir du plaisir!

Voici donc un retour en chiffres sur la saison

  • 3802 kilomètres de course à pied
  • 92% en sentiers / 8% sur route
  • 106 130 mètres de dénivelé positif
  • 387 heures de course à pied
  • 2 Ultramarathons officiels complétés (50k et 80k)
  • 5 courses de plus de 50km au total
  • Et surtout, beaucoup de plaisir à parcourir les sentiers!

Retour en photo / Vidéo sur la dernière saison en cliquant ici

Je peux maintenant établir mes objectifs pour la saison à venir. En terme de courses, mes 2 objectifs principaux seront le 80km de Bear mountain en mai et le 125km de l’UTHC en septembre. Ma première course de l’année sera le marathon mammouth en raquette, une très belle façon de lancer la saison en sentiers. Évidemment, je ferai quelques courses de moindre distance ici et là.

En terme de chiffres, je ne me fixe pas d’objectif particulier cette année, je veux simplement continuer à avoir du plaisir à fouler les sentiers montagneux qui m’entourent. Évidemment, je garderai toutes mes statistiques sur Strava et je tenterai d’aller chercher certains records de parcours qui m’échappent toujours dans le Mont-St-Hilaire… Si vous voulez battre ces records, j’aurai une raison de plus de pousser la machine à fond afin de les récupérer 😉

Bonne saison 2015!

Retour en arrière, la suite…

Dans mon dernier article, je disais qu’après mon abandon au Estrie50, j’étais prêt à faire face à de nouveaux défis. La prochaine course au calendrier était le Québec Mega Trail, une course de 25km/1000m D+ au Mont-Ste-Anne. Je n’ai fait aucune préparation spécifique pour cette course, il s’agissait plutôt d’un bon entraînement intense dans de nouveaux sentiers. Le défi auquel je me préparais était pour la semaine suivante…

Comme aucun ultramarathon ne cadrait dans mon horaire pour juillet, j’ai décidé de m’en organiser un moi-même… Orford serait mon terrain de jeux. Après avoir minutieusement étudié la carte des sentiers du parc national du Mont Orford, je me suis organisé un parcours d’environ 50km/2000m D+, faisant le tour du parc en entier. Un itinéraire à la fois diversifié et exigeant! Je prévois parcourir la distance en solitaire et en autonomie complète.

Vers 8h00, je prends le départ de ma « course », direction du secteur Stukeley. Les premiers kilomètres sont relativement plats et peu techniques… Je prends le temps de savourer chacun des kilomètres en me souvenant l’objectif de cette journée: Avoir du plaisir à courir longtemps! Après environ 10km, mon itinéraire me mène dans un sentier équestre pour les 8 prochains km… Je me rends rapidement compte que ce sentier n’existe que sur la carte! Je me retrouve alors dans une forêt assez dense où je n’ai comme seul repère de minuscules panneaux avec un cheval aux 20-25 mètres… Douloureux souvenir du Estrie50, mais je progresse quand même au travers de tous ces arbres, foin, bouette et racines… Après une trentaine de minutes dans cette section, je regarde sur ma montre Suunto et je constate que je n’ai parcouru que 3,5km sur les 8 qui me séparent du prochain sentier… Par contre, rendu où j’en suis, rien ne vaut rebrousser chemin, je suis mieux de progresser et de surmonter cet obstacle… Car dans un Ultra, il y en aura de toute façon! Quelques dizaines de minutes plus tard, je retrouve un sentier et la route 220 qui me mènera vers la prochaine section.

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Premier point de vue, km 25

À partir de maintenant, le dénivelé sera de la partie, mais je sais aussi que les points de vue en vaudront la peine. Avec environ 24km dans les jambes, j’entame l’ascension du mont Chauve, par les sentiers de l’Estrie. Il s’agit d’une montée d’environ 5km qui me mènera au sommet de cette montagne. De très beaux sentiers, juste assez technique qui me permettent de garder un bon rythme. Je me sens bien, vivant, libre, reconnaissant de pouvoir profiter de ces moments particuliers en courant. La blessure n’a pas refait surface et je sais maintenant que tout est possible pour le reste de la saison.

 

Quand je cours, j’adore les moments d’euphorie qui apparaissent après une trentaine de kilomètres. Ce sentiment d’invulnérabilité qui m’envahie et me permet de continuer plus loin… Évidemment, parfois, il y a aussi des bas… mais pas aujourd’hui!

Je me fait plaisir sur les 5 km qui mèneront au pied du mont Chauve en prenant de la vitesse. J’ai l’impression de survoler les sentiers, quel plaisir! Étrangement, je ne ressens aucune fatigue, autant physiquement que mentalement. Je crois que l’élément « plaisir » y est pour beaucoup! Aucun stress, je ne fais que vivre le moment présent à fond!

J’arrive au pied du sentier des Crêtes avec 34km au compteur. Seul problème, je n’ai plus une goutte d’eau. Je fais donc un détour de 3km vers le chalet du camping du lac Stukeley pour un ravitaillement. Je n’avais pas pensé une journée de 34 degrés sous le soleil dans mes prévisions… Peu importe, je n’avais aucun autre choix que d’aller me ravitailler. J’en profite pour manger un peu, heureusement que j’avais pensé mettre un « ziploc » de chips dans mon sac… je n’en peu plus du sucre!!! Lorsqu’on prévois une course autonome, il faut penser à tout!

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Au sommet des crêtes, 43km de parcouru

De retour au pied des Crêtes, 37km de parcouru jusqu’à maintenant. Environ 13km et 800m D+ à venir… la portion facile! De toute façon, j’ai du fun et je profite de ma journée! En plus, il s’agit de la plus belle section, avec des points de vue à couper le souffle. Une belle ascension où je prends le temps de prendre quelques photos et de d’apprécier le panorama qui s’ouvre devant moi en courant sur les crêtes. Le pic de l’ours et le pic de la roche fendue sont vraiment exceptionnels pour pratiquer le trailrunning. Encore une fois, je me sens privilégié de pouvoir y courir. J’apprécie chaque instant passé dans cette montagne, la dernière descente approche et je savoure les derniers kilomètres de cette aventure.

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Une section technique parmi tant d’autres…

Curieusement, il n’y a eu aucun moment de baisse d’énergie ou de découragement tout au long du périble. Aucun obstacle mental à franchir, seulement le physique à gérer… si toutes les courses pouvaient se dérouler de cette façon!

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Vue panoramique sur 360 degrés

Après 5h39 de course et un peu plus de 48km, je regagne mon point de départ, avec le sentiment d’avoir réussi… Un ultramarathon en solo…pourquoi pas! Et ce ne sera pas le dernier!

Prochaine aventure ce week-end, où j’irai tester le parcours du Bromont ultra. L’objectif sera de courir les 50 premiers kilomètres samedi matin… à suivre!