Aventures d’hiver

Déjà deux mois que l’année est lancée et aucune mise à jour sur le site… Pourtant, plusieurs kilomètres d’aventure et d’exploration!
J’aime m’entraîner, j’aime être en forme, me dépasser. Courir en montagne est ma passion. Mais au-delà de tout ça, j’aime partager mes aventures avec vous, transmettre ma passion, en récits, photos et en vidéos, pour vous inciter à vous dépasser à votre tour. Je m’inspire de vous tous pour mes défis pour ensuite vous les partager, comme une roue qui tourne.
Un nouveau projet prend forme… Courir. Explorer. Découvrir. Partager. Inspirer
En attendant la sortie officielle de ce projet, voici un aperçu de mon début d’année 2016…
Même si l’hiver se fait discret jusqu’à maintenant, j’ai su ou aller pour le trouver.
Sutton
Le 4 janvier dernier, journée de rando-course en raquettes à Sutton. Il doit y avoir un micro climat, parce qu’à chaque fois que j’y vais il neige à plein ciel malgré un ciel clair chez moi!
Départ de la maison vers 5h00 pour arriver à temps pour un lever de soleil au sommet… que je ne verrai jamais parce qu’à Sutton, il neige!

Je veux tester mon matériel d’hiver en vue d’une longue journée dans les White Mountains prochainement. Je transporte donc un sac à dos avec 12 livres de chargement. Hydratation, nutrition, vêtements de rechange et matériel en cas d’urgence font partis du chargement.
Vers 6h30, je m’élance dans les sentiers avec ma fidèle partenaire canine. La température ressentie est de -31 C et environ 20cm de nouvelle neige recouvre les sentiers. Je progresse lentement vers le sommet du dos d’orignal et le jour tarde à se lever. Quel sentiment incroyable que d’être ici, seul dans l’obscurité, avec pour seul guide le faisceau de ma lampe frontale. J’aime ces moments, je les savoure pleinement. Je suis entouré par les sapins lourds de neige qui semblent être des fantômes immobiles dans la pénombre. La lumière du jour vient animer ce paysage magnifique qui se dessine progressivement. Comme j’arrive au sommet, le ciel s’éclairci et me laisse profiter de la vue sur la vallée. Ma compagne à quatre pattes se porte bien malgré le froid intense. Elle est avec moi et c’est tout ce qui compte pour elle!

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Il faut avancer, pas de temps à perdre sinon le froid pourrait gagner sur nous. Aussitôt que j’arrête quelques minutes pour me ravitailler, le froid me paralyse instantanément! Je redescends donc rapidement vers la voiture pour éviter les engelures. Mieux vaut être prudent, la montagne sera toujours là!
Pendant le reste du mois de janvier, j’ai mis l’emphase sur le dénivelé positif plutôt que la distance. L’objectif était de faire au moins un entraînement de 1000m de D+ avec un total de 2000m par semaine.
White Mountains
Fin janvier. Aller courir dans les montagnes blanches, c’est une aventure en soi. En montagne, les conditions climatiques changent rapidement et il faut jouer de prudence, surtout en hiver. Départ le jeudi soir en direction du stationnement Crawford Notch pour une nuit au froid dans le camion bien enveloppé dans mon sac de couchage. Le réveil est prêt pour 4h00 afin d’aller jouer dans les montagnes… Au lever, il fait froid et chaque petite action est plus difficile… Partir le brûleur, faire un bon café chaud et réconfortant, préparer le déjeuner, s’habiller, tout ça prend normalement 30 minutes… Pas ce matin à -20 C! Aujourd’hui c’est 1h15 qu’il nous aura fallu avant d’être prêt à partir. Le plan de la journée est d’aller jusqu’au sommet du mont Washington et de faire demi-tour, pour un total d’environ 34km.

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Il faut respecter la montagne, c’est elle qui décide, et ce matin, elle nous force à rebrousser chemin au sommet du mont Eisenhower. Nous sommes bien équipés, mais les conditions extrêmes nous poussent à être prudents. Tout va bien, sauf mes pieds… Je ne sens plus mes orteils. Je crains des engelures comme l’an dernier dans ces mêmes montagnes. Sur ce dernier sommet, les vents soufflent très fort et la température ressentie est de -40 C. Nous devons rebrousser chemin pour ne pas se mettre à risque. Nous avons quand même parcouru 18km et 2000m de dénivelé positif… La montagne sera toujours là et je reviendrai lorsqu’elle sera plus accueillante!

Pour le vidéo de la journée, c’est ici

 

Février en vrac
Un autre mois parfait pour faire du dénivelé. Rougemont a été mon terrain de jeux. Le froid, la glace et la neige ne m’ont pas empêché de monter à répétitions le chemin qui mène vers la croix. Parfois, plutôt que de parcourir plusieurs kilomètres de sentiers, j’aime enchaîner plusieurs fois la même ascension. Je trouve des repères dans cette monotonie, je me perds dans mes pensées pour y puiser ma motivation. Aussi, ça travaille la force mentale, celle qui nous fait continuer dans les moments plus difficiles d’un ultramarathon. Trois, quatre, cinq reprises… Un vendredi matin glacial, 6 répétitions. 34km et 2000m d’ascension verticale. Quand on pense que le corps en a assez, il faut continuer. Il reste de l’énergie. Lily me regarde avec ses grands yeux bruns, elle est prête à continuer. Mon meilleur entraînement cette année.

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Pour la suite de la saison, il y a le marathon de raquettes Mammouth le 12 mars prochain. J’en serai à ma troisième participation. 42km à courir en raquette, ça aussi c’est bon pour la force mentale!

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Et bientôt, l’annonce officielle de mon nouveau projet… Restez branché!

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Magnifiques Montagnes Blanches

Une autre aventure qui débute dans l’obscurité la plus totale. Ce sont mes favorites. Le réveil, voire le début de ma course, a lieu à l’heure où presque tout le monde dort. Je pourrai profiter de la solitude dans la montagne.

Cette fois ci, je devrai me lever plus tôt afin de combler les 3 heures qui me séparent des majestueux sentiers de la White Mountain National Forest au New Hampshire avant l’aurore.

2h30 AM, il est temps de me lever. J’avais tout préparé la veille question de gagner du temps, mais aussi pour être certain de ne rien oublier car à cette heure matinale, je suis un peu distrait… D’ailleurs, je devrai me rappeler de mettre le café dans la cafetière parce qu’une tasse d’eau chaude, ça goûte pas grand chose! Une fois le vrai café coulé, je suis prêt à partir…

Un peu plus de 3 heures se sont écoulées et c’est sous le faisceau de ma Petzl que je complète les derniers préparatifs. Répartition de la nutrition/hydratation, des vêtements de rechange et dernier regard sur la carte du parcours et de mon kit survie 48h dans mon sac Ultimate Direction PB. Il est d’ailleurs rempli à bloc, j’ai prévu des vêtements secs pour parcourir la crête une fois au sommet. Je compte faire environ 35km avec 1500m de dénivelé positif, soit l’ascension aller-retour du Mont Bond à partir de l’accueil Lincoln woods.

Les 8 premiers kilomètres sont très faciles, il s’agit en fait d’une ancienne voie ferrée qui longe la rivière Pemigewasset. Il y a quelque chose d’unique à courir dans la noirceur, surtout lorsque le sentier est inconnu et qu’une affiche « Bear country » annonce la présence massive d’ours dans le secteur… Chaque petit craquement devient suspect et comme les yeux ne peuvent faire leur travail en raison de l’obscurité,  tous les autres sens sont aiguisés et à l’affût du moindre détail. Le ciel commence à s’éclaircir une fois cette première section complétée. Par chance car ce qui s’en vient, en plus de l’ascension, est une partie assez technique, avec beaucoup de roches et de traversée de rivières.

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Quelques rivières croisent mon chemin

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Je dois prendre le temps de m’arrêter pour admirer ce qui m’entoure

Pendant les 6 prochains kilomètres, je vais gravir environ 1000m de dénivelé…. de quoi faire brûler les cuisses! Le sentier est parfois en lacets et me donne l’oportunité de courir. À d’autres moments, ce sont des escaliers rocheux abrupt qui s’élèvent devant moi. Je suis certainement le premier à emprunter ces sentiers aujourd’hui à voir la centaine de toiles d’araignées que je me suis pris en plein visage! Au fil des kilomètres, le paysage commence à changer. Les grands arbres feuillus font place à de petits conifères et le sentier s’éclairci de plus en plus. Me voilà maintenant en zone alpine, avec un dernier mur qui se dresse devant, dernier obstacle me séparant de l’arête tant attendue. C’est pour elle que je suis venu ici. J’ai hâte de courir avec cette vue à 360 degrés sur ces majestueuses Montagnes Blanches.

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À plus de 1000m d’altitude, débute la zone alpine

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Un dernier mur avant l’arête tant attendue

 

Au sommet, la température change drastiquement. Mon t-shirt et mon coupe vent détrempés ne sont plus d’aucune utilité. Un changement s’impose et j’opte alors pour un chandail technique manches longues et mon manteau en duvet léger pour me protéger des éléments. Le vent souffle fort et le sommet est givré. Le mélange de neige et de pluie glaciale m’incite à ne pas m’éterniser au sommet. Si j’y reste, les risques d’hypotermie sont réels, je redescend donc rapidement sur l’arête, 200m plus bas, où le temps est plus clément. J’ose imaginer ce à quoi doit ressembler le sommet, à 1432m d’altitude, lors d’une tempête hivernale. Si je veux refaire cette course en hiver, je devrai être bien équipé!

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Courir sur l’arête, un moment que j’attendais avec impatience

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Sommet glacé

Après avoir parcouru la crête à deux reprises, je suis rassasié pour la journée et je peux entreprendre prudemment la descente technique qui me ramènera à mon point de départ. Quelle journée exceptionnelle… L’esprit de la course en montagne à son meilleur… Une autre aventure prend fin que je suis déjà préparer la prochaine visite dans ces Montagnes Blanches… Des partants pour le Mont Washington la semaine prochaine?

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Un aperçu cartographique de la journée

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Profil du parcours